Romancier contemporain nourri de mythes et de philosophie, Michel Tournier (90 ans cette année) reprend, dans son premier roman Vendredi ou les limbes du Pacifique (1967), le mythe de Robinson Crusoé créé par Defoe.
Mais Tournier se démarque de son modèle : il fait de l’île déserte une sorte de laboratoire expérimental où il isole son personnage afin de le soumettre à différentes épreuves. D’abord celle de l’impitoyable soleil tropical : roux écossais, Robinson avait toujours craint le soleil, même dans sa ville natale d’York. Après le naufrage de la Virginie, dont il est le seul survivant, il se retrouve échoué sur une plage, à demi-nu mais le corps encore heureusement mouillé par les flots. Il trouve d’abord refuge dans une grotte – dont il ne sort que le soir pour aller chasser – qui lui permet plusieurs mois de survivre à l’abri des rayons « dont sa peau très blanche de rouquin ne supportait pas la morsure ». Puis, lorsqu’il construit une cabane dans l’île et entreprend de la défricher, il prend soin de « se couvrir soigneusement toutes les parties du corps avant de s’exposer à ses rayons ».
À la fin du livre, Robinson finira par apprivoiser le soleil, avec lequel sa chevelure entrera symboliquement en résonance.
Lire la suite de l’article…
Ce roman raconte une histoire d’amour tragique, dans une université américaine, entre une séduisante brune, Moïra, et un roux puritain, Joseph Day, qui va connaître la tentation de la chair. L’auteur prête à son personnage ces propos :
Je suis roux. Le roux est un homme à part. Il attire les uns et répugne aux autres pour des raisons qui me sont jusqu’à présent demeurées mystérieuses. J’ai connu des gens chez qui la couleur particulière de mes cheveux provoquait une antipathie subite. On m’aime ou on me hait, sans tarder. […] Ainsi à cause de cette chevelure couleur de chaudron, mes rapports avec les hommes ont quelque chose de singulier.
Bonne lecture !
Voici un roman d’aventures haletant qui raconte les mille péripéties d’une femme pirate à la flamboyante chevelure, au XVIIIème siècle. « Ils m’ont appelée la Rouge bête. Ce n’était pas méchantement », dit celle qui va nous entraîner de ses Vosges natales aux Amériques.
Tour à tour bergère, pirate, cavalier, planteur, la Rouge voguera sur un roulier d’esclaves, prendra les armes, hissera le pavillon noir, libèrera des esclaves de Sénégambie, toujours habitée par une même rage, une même passion sauvage. Une histoire comme seuls Alexandre Dumas ou Jules Verne ont pu en concevoir, portée par un souffle épique et une écriture inspirée.
Bonne lecture !